PDG: Les Championnats du Monde Longue Distance par équipes seulement pour les équipes nationales (CH)

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(English below)
Aprés les soucis des ce derniers jours sur les équipes mixtes sur la PDG, l'ISMF vient de publier un communiqué ou ils confirment que seulement les équipes nationales seront prises en compte pour le classement des Championnats du Monde Longue Distance par équipes. Par contre, le règlement PDG sera appliqué.
A continuation le communiqué complet:

Communiqué ISMF

En fonction des dernières informations issues de la Patrouille des Glaciers, et en notre possession à ce jour, (problème du classement des équipes de nations mixtes au Championnat du Monde Longue Distance), l’ISMF, par le biais de son Directeur Technique André DUGIT, publie le communiqué suivant :

La Patrouille des Glaciers 2008 est l’épreuve qui attribue le titre de Champion du Monde Longue Distance par équipes.

Titres et médailles ne seront attribués, et réservés UNIQUEMENT qu’aux seules équipes constituées de trois (3) concurrent(e)s de la même nation, et licencié(e)s ISMC (en vigueur).

De plus, afin d’uniformiser les chances de tous les concurrents, il a été décidé que le règlement appliqué sera celui de la Patrouille des Glaciers.

Fait à Albertville, le 31/03/08

André DUGIT

Directeur Technique ISMF

ISMF Note

According to the last information by the Patrouille des Glaciers that we received (problem with the ranking of mixed teams on the Long Distance Team World Championship), the ISMF, through his Technical Director Mr. André Dugit, publishes the following communicate:

The Patrouille des Glaciers 2008 is the race that gives the award of Long Distance Team World Champion.

The award and medals will be only given to the teams of three (3) athletes form the same country and with valid ISMC license.

A part from that, in other to have uniformity on the race regulations for all racers, the ISMF decided that the regulation of Patrouille des Glaciers will be the valid one.

Albertville, 31/03/08
André Dugit
ISMF Technical Director


Crédible ? Vous avez dit crédible ?

Tous les observateurs sont formels : il y’a comme un léger problème dans le monde du ski alpinisme de haut niveau, et le terme « léger problème » est un euphémisme. Les détracteurs pencheraient plutôt pour une « situation catastrophique ».

Illustrations à quelques semaines de la fameuse Patrouille des Glaciers entre l’organisation de la course qui décrète que le titre de champion du monde longue distance sera décernée à la première équipe, peut importe sa composition, et l’ISMF qui tant bien que mal use de sa toute relative autorité pour corriger le tir.
Au-delà de ces querelles de mégères, il faut se poser la question de la crédibilité de notre discipline : « Bonjour, je suis champion du monde de ski alpinisme sur l’épreuve de montée sèche longue distance avec une peau de phoque et sans les bâtons… ».

Revenons sur les championnats du monde de cette année :

Quelle crédibilité pour un titre sur un relais alors que certaines nations n’arrivent même pas à composer une seule équipe ? Que dire de la justesse de placer un relais la veille au soir de la course par équipe, et de faire courir les dames par équipe de 4 alors qu’il est parfois déjà compliqué pour elles de former une équipe de 2 ?

Quelle crédibilité pour un titre de champion du monde longue distance alors qu’une partie des meilleurs mondiaux ne courent pas l’épreuve ?

Pour aller encore plus loin, quelle crédibilité pour la course par équipe quand certaines nations font l’impasse pour se reposer en vue des épreuves suivantes ?

6 jours de championnats, 5 épreuves… cherchez l’erreur.

Effectivement, un jour viendra où nous serons une centaine de coureurs en très haut niveau autant chez les hommes que chez les dames. Et ce jour là, on verra apparaître des spécialistes qui se consacreront uniquement à une épreuve, le niveau sera extrêmement relevé pour chaque course, et le spectacle sera là. Un jour…

Bien sûr, il faut distribuer des médailles, pour que le sport se développe, il faut qu’un Allemagne, ou une Norvège ramène des breloques à la maison, pour que les fédés et les ministères donnent des moyens aux coureurs.
C’était le but de l’épreuve de longue distance, puisqu’il n’y a aucune justification, ni historique, ni sportive, de faire une telle course.
Quant à la distribution des médailles, la réussite e été complète : 5 médailles à Florent Perrier (dont 4 titres), 5 médailles à Roberta Pedranzini (dont 4 titres), exit l’Allemagne, exit la Norvège, une magnifique image de notre sport.
Attention je n’enlève rien au talent, à la réussite et au mérite de ces deux immenses champions, bien au contraire, ce qu’ils ont réalisés est fabuleux, historique, et ne sera probablement plus jamais égalé. Ce que je veux dire, c’est qu’il ne faut pas se voiler la face, on aura beau mettre 20 épreuves, les titres seront toujours partagés entre 4 nations.

Notre sport n’est pas prêt pour de telles évolutions, je pense personnellement, qu’il vaut mieux 3 épreuves avec le meilleur niveau mondial, que 5 courses boiteuses.

Quant on regarde cette saison passée, quelles ont été les réussites ?

Les épreuves individuelles et les grandes classiques

Le niveau des coupes du monde individuelles est extrêmement relevé, et il y’a un réel intérêt de la part des coureurs pour ce type d’épreuve, courtes, nerveuses, techniques avec des écarts de plus en plus réduits comme on arrive à trouver en ski de fond (exemple de Valerette avec 6 coureurs en une minute…). Ces épreuves permettent de confronter le plus haut niveau, et d’ailleurs le titre de champion du monde individuel (courte distance) est de loin le plus recherché et le plus reconnu.
Quant aux coupes du monde par équipe, il y’a de quoi pleurer. Elles n’intéressent plus personne, non pas parce que les coureurs ne veulent plus de ce type d’épreuve, mais parce qu’il vaut mieux gagner une Pierra Menta, un Tour du Ruitor, ou un trophée des Muveran, qu’une coupe du monde mal placée, tant sur le calendrier que sur la carte.

Mais alors la cerise sur le gâteau de cette saison mythique, c’est le titre de champion du monde décerné à la Patrouille des Glaciers, en dehors de la période des championnats, à la fin du mois d’avril, sur une équipe de trois coureurs…

- « Bonjour je suis champion du monde »
- « individuel ? »
- « non, non, par équipe »
- « ah félicitations, qui est ton co-équipier ? »
- « en fait j’ai deux équipier, je suis champion du monde par équipe de 3… »
- « d’accord, est ce que vous envisagez de faire des équipes de 11 comme en foot ? »
- « c’est en cours de discussion, le problème c’est qu’avec les pénuries de matières premières, l’ISMF n’arrive plus à fabriquer assez de médailles pour tous les champions du monde… »
- « ah, c’est encore la faute des Chinois, ils consomment trop »
- « et oui, c’est vraiment dommage parce qu’avec ce type de course, même eux pourraient être médaillés aujourd’hui ! »
- « En tout cas tes sponsors doivent être contents ! »
- « En fait pas vraiment, ils disent qu’on est pas crédibles… »
- « Pourtant la discipline est magnifique, et vous vous préparez comme de véritables sportifs de haut niveau ! Vous avez tout pour bien faire ! »
- « oui, c’est à n’y rien comprendre… ça doit être encore un coup des communistes»
- « sûrement, mais personne ne se remet en question ? »
- « si bien sûr, ça bouge tout doucement, mais comme souvent, il semble que les bonnes idées soient parfois étouffées sous la bêtise de gens profondément incompétents »
- « il faudrait privatiser votre fédé alors ? »
- « Du libéralisme ? tu ne crois pas que ça risque d’évoluer trop vite ? »
- « oui, t’a raison, pourriture capitalistes… »
- « allez viens, on va se faire un bonne petite sortie CAF tranquille, y’a que ça de vrai… »

Alexandre Pellicier


Crédible?

Claude Défago

Alexandre Pellicier a raison sur l'essentiel. Sauf...

Sauf pour ce qui est du championnat du monde longue distance individuel.
Pas de raison historique? C'est oublier que le ski-alpinisme s'est construit depuis plus de soixante ans autour des courses de longue distance. Il est vrai, dans les Alpes. Certaines d'entre elles sont devenues des légendes: Muveran, PdG, Mezzalama, Pierra Menta... Des légendes dont ne peuvent que rêver les nations non-alpines et non-européennes. Le Mondial est donc l'occasion de réparer cette lacune.
Avec 25 nations classées - sur 28 au championnat - il est plus que clair que l'objectif a été atteint. Avec 120 inscrits, 110 partants et 99 classés dans des conditions très mauvaises, la preuve du succès est, pour le moins, doublée. Et on ne parle pas de la satisfaction de ceux qui ont relevé ce défi!
Epreuve boudée par les meilleurs? Certains, des nations alpines, c'est vrai. Mais avec un podium Giacomelli-Perrier-Jornet suivi de Troillet ou de Martinelli-Etzensperger-Magnenat, on ne peut pas dire que le palmarès a mauvaise mine.
Et en regardant plus loin, on voit pointer des athlètes d'autres nations qui se sont par la suite illustrés, ne serait-ce qu'à la Pierra Menta. C'est là, la raison de la course individuelle: donner à chacun, de chaque pays, une chance à la hauteur de ses capacités. Hors les Alpes, il est très difficile de monter des équipes homogènes. Et encore, dans les Alpes, nombreuses sont celles qui ont recours à l'élastique.
Reste enfin qu'il est exact que les meilleurs seront encore pour quelques années issus de quatre ou cinq nations. Question de tradition, de topographie... Mais si on part de ce constat pour éliminer une épreuve - je sais c'est l'objectif des trois principaux pays - qui a largement fait ses preuves à sa première édition, alors autant faire un championnat des Alpes-Pyrénées et basta!
Un championnat du monde, c'est aussi un esprit, une ouverture.
Les témoignages reçus par les organisateurs des Portes-du-Soleil en témoignent. N'en déplaise aux blasés des nations phares.
Un mot encore. Cinq épreuves en six jours, c'est beaucoup. Peut-être pour un coureur tout seul. Pas forcément pour une équipe nationale. Et puis, quelles sont les épreuves boîteuses? La course par équipes avec l'élastique ou avec des coureurs qui ne sont jamais ensemble? La vertical race qui n'a pas grand chose à voir avec le ski-alpinisme à part l'effort? Le relais fermé aux nations qui n'ont pas quatre skieurs? Les réponses varient selon les sensibilités. Toutes sont donc à respecter et toutes les médailles sont belles.

Pour ce qui est de la Coupe du Monde, de la mésentente PdG-ISMF, il y a du travail. Beaucoup de travail. Mais ceux qui en ont la responsabilité ne pourront le faire qu'avec l'appui de tous. Or, la solidarité n'est pas le propre de notre sport.
Quant à celles et ceux qui "rangent le dossard", ils seront les bienvenus dans les rangs des organisateurs d'épreuves. On devrait aussi en parler de ceux-là.

Claude Défago
Organisateur SMWC2008